Le Prix Claude Aubry a été fondé en 1981 en l’honneur du regrette Claude Aubry, qui a été directeur de la Bibliothèque publique d’Ottawa. IBY Canada présentent deux prix tous les deux ans pour des candidats mis en nomination qui ont contribué de façon importante à la littérature canadienne pour la jeunesse en français et en anglais.
IBBY Canada a le plaisir d’annoncer les lauréats du Prix Claude Aubry 2024 pour services distingués en littérature de jeunesse: Maria Martella (Anglais) et France Desmarais (Français).
Au cours de l’Assemblée générale des membres d’IBBY Canada tenue le 25 avril 2025, Barbare Howson a annoncé la récipiendaire anglophone du Prix Aubry et a félicité Maria Martella :
Je suis honorée et enthousiaste d’annoncer la récipiendaire du Prix Claude Aubry 2024 qui reconnait la contribution extraordinaire dans le domaine de la littérature canadienne pour la jeunesse.
Cette année, le comité de sélection— Lisa Doucet et Susane Duchesne—ont choisi quelqu’un dont l’impact est a la fois d’une grande portée et profondément personnel pour plusieurs: Maria Martella.
Maria a passé sa carrière à mettre en valeur la littérature canadienne pour la jeunesse. Elle a commencé sa carrière au légendaire Children’s Book Store où elle a été gérante pendant 18 ans, encourageant l’amour de la lecture de génération en génération.
Mais Maria ne s’est pas arrêtée là. En 2003, elle a vu une occasion de développer une collection soigneusement sélectionnée de livres de qualité dans les écoles et les bibliothèques. Et ainsi, elle a fondé Tinlids, un grossiste de livres avec comme mission de soutenir les éducateurs, les bibliothécaires et surtout les jeunes lecteurs.
Sous sa direction, Tinlids est devenu le grossiste officiel Forest of Reading® de l’Association des bibliothèques de l’Ontario en 2014. Depuis ce temps, Maria et son équipe ont livré plus de 125 000 livres par année écrits et illustrés par plus de 150 créateurs canadiens. Grâce à ce programme, chaque année plus de 270 000 enfants lisent, s’engagent et votent pour leurs livres préférés.
Et alors que la censure des livres augmente, Maria n’a pas reculé. Elle s’est avancée au front, travaillant de pair avec les conseils scolaires pour les équiper avec les outils et la confiance pour défendre l’accès aux livres inclusifs et représentatifs dans les salles de classe et les bibliothèques.
Maria a aussi contribué de nombreuses autres façons. Elle a été bénévole au Centre canadien du livre pour la jeunesse. Elle a aidé à apporter des livres dans des communautés défavorisées. Elle a joué un rôle important dans la campagne Save Our School Libraries.
En préparant cette nomination, plusieurs collègues ont été sollicités pour contribuer. Leurs réponses sont venues rapidement, passionnées et pleines d’admiration. Partageons- en quelques- unes :
« Maria Martella est une précieuse championne de la littérature canadienne pour la jeunesse. Son enthousiasme véritable sur les livres d’enfants n’est pas seulement professionnel- c’est personnel, profond et complètement inspirant. » —Nassem Hrab, Kids Can Press
« Elle a été une formidable partenaire avec des idées novatrices qui continuent à former notre travail et l’industrie toute entière. » —Jael Richardson, Festival of Literary Diversity (FOLD)
« Elle est l’une des supporters de la lecture les plus intelligentes qui apporte un sens d’éthique et de la créativité dans tous ses rôles. Une candidate parfaite pour le Prix Claude Aubry. » —Patsy Aldana
Maria, votre travail a touché des milliers de vies non seulement à travers les livres que vous avez soutenus mais aussi grâce a la sensibilisation, au mentorat et a votre leadership que vous avez si généreusement offert à toute la communauté.
Discours de remerciement de Maria Martella :
Merci infiniment pour cet honneur incroyable.
La nomination était déjà un honneur énorme et j’ai été touchée par les lettres de soutien et la reconnaissance des personnes que j’admire immensément. Merci, IBBY Canada pour tout le travail que vous faites pour rapprocher les livres des enfants à travers le Canada et dans le monde entier. Le Prix Claude Aubry a commencé juste un an avant que je devienne une libraire. Je connais la plupart des récipiendaires et je n’aurais jamais imaginé être ajoutée à cette liste.
Notre industrie du livre au Canada n’existerait pas sans l’implication et la vision d’éditeurs qui ont fait ce travail depuis des décennies.
Lorsque j’ai debuté au Children’s Book Store, nous avions deux étagères de la taille d’une étagère BILLY de chez IKEA (quoique IKEA n’existait pas a cette époque) et c’était notre section canadienne. Je me souviens de ces jours au début des années 1980 lorsque les éditeurs visitaient les librairies régulièrement. Groundwood, Owlkids, Kids Can, Annick, Second Story…. Ils étaient aux premières loges de l’industrie du livre jeunesse canadien et les années ont passé, ces deux étagères se sont multipliées. J’étais toujours si contente de voir de nouveaux titres canadiens par des auteurs que nous commencions à voir régulièrement à la librairie et qui sont devenus des amis. Ils visitaient souvent alors que nous célébrions leurs lancements de livres et que nous avions des évènements spéciaux pour les enfants et les écoles. C’était excitant d’être là au commencement de leurs carrières—Kathy Stinson, Ian Wallace, Dennis Lee, Jean Little, et de nombreux autres.
J’ai eu beaucoup de chance de faire partie de cette communauté qui commençait et de travailler dans la meilleure librairie de livres pour enfants en Amérique du Nord. Je suis reconnaissante a Judy et Sy Sarick, les propriétaires de Children’s Book Store et a Marion Seary et Celia Lotteridge qui m’ont appris a devenir une libraire. Ils furent les meilleurs mentors et je n’aurais pas eu la confiance de fonder Tinlids si je n’avais pas eu été guidée par ces incroyables leaders. Ils ont eu un très grand impact sur la communauté des livres et sur moi. J’étais une travailleuse sociale avant de devenir une libraire. Je prenais seulement une pause et un jour en marchant devant cette librairie, j’ ai été choquée de voir qu’il n’y avait que des livres pour enfants. Alors j’ai pensé y travailler un peu avant de retourner vers le travail social. Lorsque Jusy Sarick m’a fait passer une entrevue et a découvert mon expérience en travail social, elle a dit : » C’est bon, on pourrait avoir besoin d’une travailleuse sociale. » Et j’ai eu l’emploi.
Je n’ai compris que plus tard qu’elle avait raison. Qu’importe que vous soyez un éditeur, un auteur ou autrice, une libraire, ou un bibliothécaire, lorsque vous travaillez dans le monde du livre pour enfants, vous devez être prêt pour avoir des conversations personnelles. J’ai eu des personnes qui m’ont demandé pour des livres pouvant les aider à gérer des évènements bouleversants et difficiles et parfois ils pouvaient partager beaucoup d’expériences personnelles et des problèmes auxquels vous n’étiez pas prêts à les entendre. Pour moi, la première fois fut lorsqu’une maman m’a demandé un livre qui expliquerait le cancer a un enfant qui perdrait quelqu’un d’important dans sa vie. Cette personne importante, c’était elle, la maman. Je me souviens d’avoir été si triste et surprise et d’avoir pris conscience que les livres que nous choisissions avaient un rôle important, non seulement pour ouvrir les yeux des enfants devant le monde qui les entoure mais aussi pour aider les parents et les familles à faire face à des situations inimaginables. Je suis si reconnaissante à nos éditeurs de continuer à publier des histoires qui représentent et reflètent tant de voix et de réalités différentes.
Dans cette ère numérique, nous continuons à voir un déclin du personnel des bibliothèques scolaires et maintenant plus que jamais, nous avons besoin de soutenir non seulement le personnel mais aussi une attention sur les contenus canadiens. Nous avons besoin de travailler pour nous assurer que les bibliothèques scolaires investissent dans les éditeurs et les auteurs et autrices canadiens, eux qui nous offrent le meilleur contenu canadien et la représentation de notre population diverse.
Ce prix est un rappel que nous faisons tous et toutes un travail important et qu’ensemble nous avons un impact majeeur sur l’éducation et la vie de nos enfants. J’adore être libraire et parfois comme chacun d’entre nous, j’ai fait face à des défis et a des obstacles. Mais chaque jour, je suis entourée par l’art et la beauté et par le réconfort des histoires. Aujourd’hui, je suis entourée par mes pairs et je me sens si reconnaissante envers vous tous et toutes. Et je suis contente de ne pas être retournée travailler en service social. Merci.
Lors de l’Assemblée générale d’IBBY Canada tenue le 25 avril 2025, Josiane Polidori a annoncé la récipiendaire francophone du Prix Aubry et a félicité France Desmarais:
France Desmarais est une personnalité connue dans le milieu de l’édition pour son esprit d’ouverture et sa capacité de fédérer les différents acteurs du milieu du livre jeunesse. Elle est membre honoraire de Communication-Jeunesse (CJ), elle a travaillé quinze années au sein de Communication Jeunesse, dont six à titre de directrice générale. Elle travaille aux Éditions de l’Isatis et y a publié récemment des documentaires.
France Desmarais œuvre dans le paysage culturel depuis plus de 30 ans, d’abord en muséologie puis comme spécialiste en gestion de collections et en technologies de l’information. Elle a rejoint l’équipe de Communication-Jeunesse en 2004 où elle a coordonné la nouvelle identité visuelle de CJ, la refonte du site Web, et de nombreux programmes de médiation de la lecture au Québec et dans l’ensemble de la francophonie canadienne. C’est un honneur de mettre en lumière grâce au Prix Claude-Aubry son implication, son dynamisme, et son dévouement pour la littérature de jeunesse au Québec et dans la francophonie canadienne.
Discours de remerciement de France Desmarais:
Je voudrais exprimer ma gratitude envers le conseil d’administration d’IBBY Canada, le comité de sélection—Susane Duchesne et Lisa Doucette—et Josiane Polidori. C’est un grand honneur pour moi d’accepter le prix Claude Aubry.
Depuis plus de 20 ans, je me suis engagée avec passion et enthousiasme dans le domaine de la littérature jeunesse au Canada.
Il faut dire que le milieu de la littérature jeunesse est sans aucun doute le plus beau milieu du monde. Tout d’abord, son objectif est admirable : susciter le plaisir de lire chez les enfants et leur inculquer le goût de la lecture. C’est leur fournir des outils précieux pour appréhender le monde, nourrir leurs rêves et s’engager activement en tant que membres de la société.
Ensuite, parce que les artistes de la littérature ont du talent plein les poches. Ils sont généreux et placent toujours les jeunes au cœur de leur travail.
Enfin, parce que les médiateurs et les médiatrices, dont vous faites partie, sont investis dans ce processus de mise en relation entre le livre et le lecteur, avec dévouement et inventivité.
Ma carrière s’est développée par des concours de circonstances et d’heureux hasards…
Je suis arrivée dans le milieu de la littérature jeunesse par la bande, car je viens de l’histoire de l’art et de la muséologie. À la fin de mon emploi, Johanne Gaudet, qui était directrice générale de Communication-Jeunesse (CJ) et avec qui j’avais déjà travaillé avant qu’elle ne rejoigne CJ, m’a offert un contrat de 6 mois pour mettre à jour le site Web de CJ et créer une base de données de livres. J’y suis restée pendant 15 ans, dont 6 ans à la direction générale. Au cours de mon mandat, j’ai organisé des tournées d’auteur.trices et d’illustrateur.trices à travers le Canada, réalisé des sélections thématiques pour les nouveaux arrivants et développé une formation pour soutenir les médiateurs dans leur travail auprès de ces nouvelles clientèles, j’ai animé des ateliers sur la médiation du livre et de la lecture dans tout le pays, et j’ai collaboré étroitement avec diverses associations, maisons d’édition et organismes culturels et communautaires francophone au Canada désireux de mettre en lumière l’abondance de notre héritage littéraire jeunesse en français. J’y ai découvert de formidables communautés francophones qui ont à cœur la promotion du plaisir de lire chez les jeunes, la mise en lumière d’une littérature qui les touche, ainsi que la valorisation de la richesse de notre belle langue, le français.
Finalement, j’ai décidé de prendre une préretraite. Angèle Delaunois, des Éditions de l’Isatis, m’a alors recrutée comme adjointe. Au cours de nos discussions, elle m’a suggéré de réaliser un documentaire sur notre ville. C’est ainsi que j’ai coécrit, avec mon mari Richard Adam, J’aime ma ville en 2022 (I love my city, Pajama Press, 2023), et Les feuilles qui parlent. La petite histoire du livre, en 2024. Un troisième est déjà en route. Une nouvelle corde s’est ajoutée à mon arc, ce qui me permet de poursuivre mon implication dans le milieu de la littérature jeunesse de chez nous. Que de joie me procure l’idée de transmettre aux jeunes des connaissances, que de bonheur me procure les yeux pétillants des jeunes que je rencontre dans les salons du livre ! À chacun de ces rendez-vous, on se dit que notre travail est essentiel.
Comme dit Renaud, dans une de ses chansons, « Je suis toute heureuse d’être contente » d’ajouter à ma besace professionnelle la belle reconnaissance que vous me faites aujourd’hui.
Récipiendaires des Prix Aubry 2024
Le Prix Claude Aubry a été fondé en 1981 en l’honneur du regrette Claude Aubry, qui a été directeur de la Bibliothèque publique d’Ottawa. IBY Canada présentent deux prix tous les deux ans pour des candidats mis en nomination qui ont contribué de façon importante à la littérature canadienne pour la jeunesse en français et en anglais.
IBBY Canada a le plaisir d’annoncer les lauréats du Prix Claude Aubry 2024 pour services distingués en littérature de jeunesse: Maria Martella (Anglais) et France Desmarais (Français).
Au cours de l’Assemblée générale des membres d’IBBY Canada tenue le 25 avril 2025, Barbare Howson a annoncé la récipiendaire anglophone du Prix Aubry et a félicité Maria Martella :
Je suis honorée et enthousiaste d’annoncer la récipiendaire du Prix Claude Aubry 2024 qui reconnait la contribution extraordinaire dans le domaine de la littérature canadienne pour la jeunesse.
Cette année, le comité de sélection— Lisa Doucet et Susane Duchesne—ont choisi quelqu’un dont l’impact est a la fois d’une grande portée et profondément personnel pour plusieurs: Maria Martella.
Maria a passé sa carrière à mettre en valeur la littérature canadienne pour la jeunesse. Elle a commencé sa carrière au légendaire Children’s Book Store où elle a été gérante pendant 18 ans, encourageant l’amour de la lecture de génération en génération.
Mais Maria ne s’est pas arrêtée là. En 2003, elle a vu une occasion de développer une collection soigneusement sélectionnée de livres de qualité dans les écoles et les bibliothèques. Et ainsi, elle a fondé Tinlids, un grossiste de livres avec comme mission de soutenir les éducateurs, les bibliothécaires et surtout les jeunes lecteurs.
Sous sa direction, Tinlids est devenu le grossiste officiel Forest of Reading® de l’Association des bibliothèques de l’Ontario en 2014. Depuis ce temps, Maria et son équipe ont livré plus de 125 000 livres par année écrits et illustrés par plus de 150 créateurs canadiens. Grâce à ce programme, chaque année plus de 270 000 enfants lisent, s’engagent et votent pour leurs livres préférés.
Et alors que la censure des livres augmente, Maria n’a pas reculé. Elle s’est avancée au front, travaillant de pair avec les conseils scolaires pour les équiper avec les outils et la confiance pour défendre l’accès aux livres inclusifs et représentatifs dans les salles de classe et les bibliothèques.
Maria a aussi contribué de nombreuses autres façons. Elle a été bénévole au Centre canadien du livre pour la jeunesse. Elle a aidé à apporter des livres dans des communautés défavorisées. Elle a joué un rôle important dans la campagne Save Our School Libraries.
En préparant cette nomination, plusieurs collègues ont été sollicités pour contribuer. Leurs réponses sont venues rapidement, passionnées et pleines d’admiration. Partageons- en quelques- unes :
« Maria Martella est une précieuse championne de la littérature canadienne pour la jeunesse. Son enthousiasme véritable sur les livres d’enfants n’est pas seulement professionnel- c’est personnel, profond et complètement inspirant. » —Nassem Hrab, Kids Can Press
« Elle a été une formidable partenaire avec des idées novatrices qui continuent à former notre travail et l’industrie toute entière. » —Jael Richardson, Festival of Literary Diversity (FOLD)
« Elle est l’une des supporters de la lecture les plus intelligentes qui apporte un sens d’éthique et de la créativité dans tous ses rôles. Une candidate parfaite pour le Prix Claude Aubry. » —Patsy Aldana
Maria, votre travail a touché des milliers de vies non seulement à travers les livres que vous avez soutenus mais aussi grâce a la sensibilisation, au mentorat et a votre leadership que vous avez si généreusement offert à toute la communauté.
Discours de remerciement de Maria Martella :
Merci infiniment pour cet honneur incroyable.
La nomination était déjà un honneur énorme et j’ai été touchée par les lettres de soutien et la reconnaissance des personnes que j’admire immensément. Merci, IBBY Canada pour tout le travail que vous faites pour rapprocher les livres des enfants à travers le Canada et dans le monde entier. Le Prix Claude Aubry a commencé juste un an avant que je devienne une libraire. Je connais la plupart des récipiendaires et je n’aurais jamais imaginé être ajoutée à cette liste.
Notre industrie du livre au Canada n’existerait pas sans l’implication et la vision d’éditeurs qui ont fait ce travail depuis des décennies.
Lorsque j’ai debuté au Children’s Book Store, nous avions deux étagères de la taille d’une étagère BILLY de chez IKEA (quoique IKEA n’existait pas a cette époque) et c’était notre section canadienne. Je me souviens de ces jours au début des années 1980 lorsque les éditeurs visitaient les librairies régulièrement. Groundwood, Owlkids, Kids Can, Annick, Second Story…. Ils étaient aux premières loges de l’industrie du livre jeunesse canadien et les années ont passé, ces deux étagères se sont multipliées. J’étais toujours si contente de voir de nouveaux titres canadiens par des auteurs que nous commencions à voir régulièrement à la librairie et qui sont devenus des amis. Ils visitaient souvent alors que nous célébrions leurs lancements de livres et que nous avions des évènements spéciaux pour les enfants et les écoles. C’était excitant d’être là au commencement de leurs carrières—Kathy Stinson, Ian Wallace, Dennis Lee, Jean Little, et de nombreux autres.
J’ai eu beaucoup de chance de faire partie de cette communauté qui commençait et de travailler dans la meilleure librairie de livres pour enfants en Amérique du Nord. Je suis reconnaissante a Judy et Sy Sarick, les propriétaires de Children’s Book Store et a Marion Seary et Celia Lotteridge qui m’ont appris a devenir une libraire. Ils furent les meilleurs mentors et je n’aurais pas eu la confiance de fonder Tinlids si je n’avais pas eu été guidée par ces incroyables leaders. Ils ont eu un très grand impact sur la communauté des livres et sur moi. J’étais une travailleuse sociale avant de devenir une libraire. Je prenais seulement une pause et un jour en marchant devant cette librairie, j’ ai été choquée de voir qu’il n’y avait que des livres pour enfants. Alors j’ai pensé y travailler un peu avant de retourner vers le travail social. Lorsque Jusy Sarick m’a fait passer une entrevue et a découvert mon expérience en travail social, elle a dit : » C’est bon, on pourrait avoir besoin d’une travailleuse sociale. » Et j’ai eu l’emploi.
Je n’ai compris que plus tard qu’elle avait raison. Qu’importe que vous soyez un éditeur, un auteur ou autrice, une libraire, ou un bibliothécaire, lorsque vous travaillez dans le monde du livre pour enfants, vous devez être prêt pour avoir des conversations personnelles. J’ai eu des personnes qui m’ont demandé pour des livres pouvant les aider à gérer des évènements bouleversants et difficiles et parfois ils pouvaient partager beaucoup d’expériences personnelles et des problèmes auxquels vous n’étiez pas prêts à les entendre. Pour moi, la première fois fut lorsqu’une maman m’a demandé un livre qui expliquerait le cancer a un enfant qui perdrait quelqu’un d’important dans sa vie. Cette personne importante, c’était elle, la maman. Je me souviens d’avoir été si triste et surprise et d’avoir pris conscience que les livres que nous choisissions avaient un rôle important, non seulement pour ouvrir les yeux des enfants devant le monde qui les entoure mais aussi pour aider les parents et les familles à faire face à des situations inimaginables. Je suis si reconnaissante à nos éditeurs de continuer à publier des histoires qui représentent et reflètent tant de voix et de réalités différentes.
Dans cette ère numérique, nous continuons à voir un déclin du personnel des bibliothèques scolaires et maintenant plus que jamais, nous avons besoin de soutenir non seulement le personnel mais aussi une attention sur les contenus canadiens. Nous avons besoin de travailler pour nous assurer que les bibliothèques scolaires investissent dans les éditeurs et les auteurs et autrices canadiens, eux qui nous offrent le meilleur contenu canadien et la représentation de notre population diverse.
Ce prix est un rappel que nous faisons tous et toutes un travail important et qu’ensemble nous avons un impact majeeur sur l’éducation et la vie de nos enfants. J’adore être libraire et parfois comme chacun d’entre nous, j’ai fait face à des défis et a des obstacles. Mais chaque jour, je suis entourée par l’art et la beauté et par le réconfort des histoires. Aujourd’hui, je suis entourée par mes pairs et je me sens si reconnaissante envers vous tous et toutes. Et je suis contente de ne pas être retournée travailler en service social. Merci.
Traduction : Josiane Polidori
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Lors de l’Assemblée générale d’IBBY Canada tenue le 25 avril 2025, Josiane Polidori a annoncé la récipiendaire francophone du Prix Aubry et a félicité France Desmarais:
France Desmarais est une personnalité connue dans le milieu de l’édition pour son esprit d’ouverture et sa capacité de fédérer les différents acteurs du milieu du livre jeunesse. Elle est membre honoraire de Communication-Jeunesse (CJ), elle a travaillé quinze années au sein de Communication Jeunesse, dont six à titre de directrice générale. Elle travaille aux Éditions de l’Isatis et y a publié récemment des documentaires.
France Desmarais œuvre dans le paysage culturel depuis plus de 30 ans, d’abord en muséologie puis comme spécialiste en gestion de collections et en technologies de l’information. Elle a rejoint l’équipe de Communication-Jeunesse en 2004 où elle a coordonné la nouvelle identité visuelle de CJ, la refonte du site Web, et de nombreux programmes de médiation de la lecture au Québec et dans l’ensemble de la francophonie canadienne. C’est un honneur de mettre en lumière grâce au Prix Claude-Aubry son implication, son dynamisme, et son dévouement pour la littérature de jeunesse au Québec et dans la francophonie canadienne.
Discours de remerciement de France Desmarais:
Je voudrais exprimer ma gratitude envers le conseil d’administration d’IBBY Canada, le comité de sélection—Susane Duchesne et Lisa Doucette—et Josiane Polidori. C’est un grand honneur pour moi d’accepter le prix Claude Aubry.
Depuis plus de 20 ans, je me suis engagée avec passion et enthousiasme dans le domaine de la littérature jeunesse au Canada.
Il faut dire que le milieu de la littérature jeunesse est sans aucun doute le plus beau milieu du monde. Tout d’abord, son objectif est admirable : susciter le plaisir de lire chez les enfants et leur inculquer le goût de la lecture. C’est leur fournir des outils précieux pour appréhender le monde, nourrir leurs rêves et s’engager activement en tant que membres de la société.
Ensuite, parce que les artistes de la littérature ont du talent plein les poches. Ils sont généreux et placent toujours les jeunes au cœur de leur travail.
Enfin, parce que les médiateurs et les médiatrices, dont vous faites partie, sont investis dans ce processus de mise en relation entre le livre et le lecteur, avec dévouement et inventivité.
Ma carrière s’est développée par des concours de circonstances et d’heureux hasards…
Je suis arrivée dans le milieu de la littérature jeunesse par la bande, car je viens de l’histoire de l’art et de la muséologie. À la fin de mon emploi, Johanne Gaudet, qui était directrice générale de Communication-Jeunesse (CJ) et avec qui j’avais déjà travaillé avant qu’elle ne rejoigne CJ, m’a offert un contrat de 6 mois pour mettre à jour le site Web de CJ et créer une base de données de livres. J’y suis restée pendant 15 ans, dont 6 ans à la direction générale. Au cours de mon mandat, j’ai organisé des tournées d’auteur.trices et d’illustrateur.trices à travers le Canada, réalisé des sélections thématiques pour les nouveaux arrivants et développé une formation pour soutenir les médiateurs dans leur travail auprès de ces nouvelles clientèles, j’ai animé des ateliers sur la médiation du livre et de la lecture dans tout le pays, et j’ai collaboré étroitement avec diverses associations, maisons d’édition et organismes culturels et communautaires francophone au Canada désireux de mettre en lumière l’abondance de notre héritage littéraire jeunesse en français. J’y ai découvert de formidables communautés francophones qui ont à cœur la promotion du plaisir de lire chez les jeunes, la mise en lumière d’une littérature qui les touche, ainsi que la valorisation de la richesse de notre belle langue, le français.
Finalement, j’ai décidé de prendre une préretraite. Angèle Delaunois, des Éditions de l’Isatis, m’a alors recrutée comme adjointe. Au cours de nos discussions, elle m’a suggéré de réaliser un documentaire sur notre ville. C’est ainsi que j’ai coécrit, avec mon mari Richard Adam, J’aime ma ville en 2022 (I love my city, Pajama Press, 2023), et Les feuilles qui parlent. La petite histoire du livre, en 2024. Un troisième est déjà en route. Une nouvelle corde s’est ajoutée à mon arc, ce qui me permet de poursuivre mon implication dans le milieu de la littérature jeunesse de chez nous. Que de joie me procure l’idée de transmettre aux jeunes des connaissances, que de bonheur me procure les yeux pétillants des jeunes que je rencontre dans les salons du livre ! À chacun de ces rendez-vous, on se dit que notre travail est essentiel.
Comme dit Renaud, dans une de ses chansons, « Je suis toute heureuse d’être contente » d’ajouter à ma besace professionnelle la belle reconnaissance que vous me faites aujourd’hui.
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